THEATRE:

 

Première à Genève de

"Le fou rire des Lilliputiens"

 

La Compagnie du Carré Rouge de Philippe Macasdar
et
le Théâtre Saint-Gervais


vous attendent
le vendredi 7 septembre
à Genève
pour la

 

première de
"Le fou rire des Lilliputiens"
pièce de théâtre
de Fernando Arrabal

 

mise en scène de
Sandra Amodio.


Représentations tous les jours à 21 h.

 


La distribution
Vincent Babel
Céline Bolomey
Christine Brammeier
Jacques Denis
Bernard Escalon
Jean-Louis Johannides

mise en scène Sandra Amodio
assistée par Vincent Bonillo
dramaturgie Marco Sabbatini
musique composée et interprétée
par percussions Dug Taylor
basse et architecture sonore Rodolphe Bauchau
scénographie Adrien Moretti
costumes Anna Van Brée
lumières Cédric Pipoz
construction Alain Cruchon
Philippe Brunischolz
peinture et décoration Béatrice Lipp
réalisation des costumes Elisabeth Marion-Veyron
Christine Piqueray
effets spéciaux Salamandra -
Lukas Berchtold
coordination technique Pierre - Alain Besse
Ludovic Buter
Angelica Fricker
administration Philippe Clerc
photographe Christian Lutz
production Carré Rouge Cie



Avec le soutien du Département des affaires culturelles de la Ville de Genève, du Département de l’instruction publique de l’Etat de Genève, de Pro Helvetia - Fondation suisse pour la culture et de la Fondation Oertli


Remerciements : Comédie de Genève, Vertical Danse et
Pierre-Edouard Jaquerod



Entretien avec Sandra Amodio


- Pourquoi avoir choisi de monter une pièce de F. Arrabal?
- C’est tout d’abord le titre qui m’a accrochée : je l’ai trouvé très évocateur, avant même de savoir qu’il s’agissait d’une pièce de F. Arrabal. Et en lisant l’|uvre, je me suis tout de suite senti concernée par les thèmes évoqués par l’auteur. Peut-être parce que je l’ai découverte à la fin du XXe siècle, je considère cette pièce comme une annonciation joyeusement provocatrice du passage d’un siècle à l’autre.
Je me suis très vite intéressée - et attachée - au personnage d’Arrabal : j’ai lu ses romans, vu ses films et étudié son cursus, dont l’un des points forts est la fondation du mouvement panique avec ses amis Jodorowski et Topor. Ils ont repensé le théâtre dans sa forme et son fond. En tant que jeune créatrice, c’est une source de connaissance et de formation que d’aller piocher dans l’univers de ceux qui ont contribué à la pensée théâtrale du XXe siècle. Donc, en abordant cet auteur, on aborde aussi une manière de concevoir l’art théâtral. En choisissant de monter Arrabal, on ne choisit pas uniquement un texte mais un code de jeu propre à l’|uvre.

- Quelle est la place du Fou rire des Lilliputiens dans l’|uvre d’Arrabal?
- C’est l’une des dernières pièces de l’auteur. Elle a été écrite en 1994 et publiée en 1996.


- Comment définiriez-vous l’écriture théâtrale d’Arrabal?
- Dans Le fou rire, nous sommes en présence d’un texte référentiel, fondé sur des contrastes percutants. Nous sommes face à ce que nous pourrions appeler une dramaturgie de la contradiction et de la démesure. C’est une sorte de kaléidoscope des contradictions humaines.


- En quoi cette nouvelle création se rattache-t-elle à vos précédents spectacles?
- Il s’agit ici d’un théâtre de la confusion et de l’excès, qui fait appel à la fantasmagorie. Un théâtre de l’extrême, dans la mesure où le grotesque, le sublime, le sordide, le beau et le vulgaire coexistent dans un univers concentré. Un théâtre de questionnements, de folie et de surréalisme au rythme effréné. Par le choix de ce texte, je me suis éloignée de la destinée de Gilles de Rais dans La Plaie et le Couteau ou d’Adriana dans Nocturne de femme, car j’aborde cette fois la tragédie par le rire, et je laisse donc place au grotesque pour entrer de plein pied dans la tragi-comédie. Mais ce qui relie tous mes spectacles, ce sont - au-delà des genres et des registres - les images évoquées par ces différents univers.


- De quelle façon avez-vous travaillé avec vos comédiens?
- Je les ai emmenés sur la piste du jeu grotesque, donc dans un jeu de rupture et de folie, afin qu’ils aient le sens de la démesure et dans un jeu de simplicité sans affectation.

- Quel rôle accordez-vous à la musique et à la lumière?
- La musique est un partenaire premier dans la construction du spectacle. Rodolphe Bauchau, et le percussionniste Dug Taylor, ont été présents dès le début des répétitions pour insuffler les ambiances et les rythmes. Ils créent un univers qui vient soutenir la tension dramatique et prennent en charge le monde des Lilliputiens : ils interviennent donc en live. La musique est personnage, partenaire à part entière.
Quant à la lumière créée par Cédric Pipoz, elle est conçue de manière à renforcer les ambiances ou à soutenir le sous-texte de la scène. Cédric Pipoz nous emmène dans des univers oniriques où la lumière raconte à sa façon l’action de la pièce. Bref, la lumière et la musique mettent en relief les émotions et les sentiments des personnages.


- Comment faut-il interpréter le titre de la pièce? Que représentent pour vous les Lilliputiens?
- Rire nerveux, rire fou, rire dévastateur, rire provocateur. Quel qu’il soit, il balaye d’un coup de gorge la bêtise et le sérieux de notre siècle et de notre condition humaine. Il dénonce l’aliénation de nos sociétés avancées en perdition.
Les Lilliputiens sont une transposition ironique du déclin de notre société. Ils sont également une émanation de chacun de nous : ne portons-nous pas en nous et le géant et le Lilliputien ? Ils sont aussi le monde microscopique que l’on ne perçoit pas si l’on ne fait pas l’effort de se pencher pour aller à la rencontre de ce qui est en nous. Ils sont le gai savoir, le lutin qui nous manipule, espiègle et frondeur.


- Quelle est pour vous la morale de cette fable?
- La morale de ce conte surréaliste est que nous ne pouvons trouver des solutions qu’en opérant une introspection. Arrabal soulève toutes sortes de questions mais n’amène aucune solution, et la fin demeure ouverte. Si nos sociétés continuent à agir de la sorte, nous courons à notre perte. Lorsque tout est tronqué, faux et confus, il ne reste que le rire pour oublier le danger d’une existence étriquée, prisonnière des conventions morales.